Ellyx

Ellyx propose un accompagnement « sur mesure » et développe pour ses clients des projets à fort impact sociétal en s’appuyant sur des outils performants issus de sa recherche

La Fonda

La Fonda défend la liberté d’association, propose des idées pour accélérer et développer les dynamiques associatives, et cherche à faire reconnaître l’apport considérable des associations à la société, en termes de progrès social et environnemental, de solidarité, de citoyenneté et de pouvoir d’agir, mais également en termes de poids économique.

La Tréso

Tiers lieu des fabrications artisanale, numérique et culinaire. Ouverture fin 2019.

Malakoff (Haute-Seine)

LapTop

Le Laptop anime deux espaces pour travailler, organiser des ateliers, et réunir une communauté d’innovateurs. C’est également un centre de formation aux métiers du design (UX Design, Design Sprint et Design Thinking).

Paris 19ème et 4ème arrondissement.

WoMa

WoMa anime des espaces de travail et ateliers équipés d’outils traditionnels et de machines à commande numérique: Un lieu-outil ouvert à tous, professionnels et amateurs, où chacun peut réaliser tous ses projets créatifs et artistiques. Inscrit dans le réseau des Fablabs, c’est un lieu de recherche, d’expérimentation, d’innovation sur les questions de fabrication et de production de la Ville.

Paris 19ème arrondissement

Volumes

Volumes anime des lieux de travail à destination des indépendants et des entreprises en voie de développement. Ses fondateurs ont pour ambition d’offrir des cadres de travail productifs, conviviaux et stimulants, permettant d’effacer les barrières élevées entre les différentes disciplines. Volumes intègre un espace de coworking, une cuisine collaborative et un espace de fabrication numérique inspiré des modèles des ma-
ker-spaces et fablab.

Paris 19ème arrondissement

Casaco

Casaco est un tiers-lieu dynamique et inspirant situé au centre-ville de Malakoff (92), au sud de Paris. Il rassemble une tribu de créateurs coopératifs autour d’espaces de travail et d’échanges confortables et convivials avec des outils mutualisés et des événements collaboratifs.

Malakoff (Haute-Seine)

Hact

Hact utilise le design centré sur l’humain pour accompagner des projets à impact social ou environnemental.

Studios Singuliers

Espace collaboratif, pensé pour les professionnels, au cœur de l’innovation parisienne.

Paris 18ème.

La Ville de Paris

En 2017, le collectif des Halles Civiques a gagné un appel à projet de la Ville de paris mettant à disposition un lieu qui est la Maison de l’air à Belleville, Paris 20e. Il a gagné le droit d’occuper temporairement le bâtiment de la maison de l’air (Halle Belleville) pendant 3 ans. Il a bénéficié de 50 000 euros pour mettre au norme et aménager les 650m2 mis à disposition. La ville de Paris organise également dans les espaces des évènements et rencontre.

Depuis le 14 Juin 2019 les Halles Civiques bénéficient d’une subvention de fonctionnement de 30.000€ de la Ville de Paris au titre de la Participation Citoyenne.

Ville Infinie

La mission que se donne Ville Infinie est double : favoriser la participation des habitants, associations et entreprises à la construction des projets architecturaux et urbains – en élaborant des processus novateurs ; et construire une vision partagée des territoires de projet sur lesquels les acteurs privés et publics interviennent tour à tour.

FP21

Une association pour les jeunes agents publics pour favoriser l’accès au secteur public, encourager les échanges sur l’avenir du secteur public et participer à la valorisation des métiers du secteur public.

Institut des Futurs Souhaitables

L’Institut des Futurs souhaitables s’adresse à tous ceux qui veulent se saisir de l’opportunité d’imaginer demain pour inventer un monde plus souhaitable en donnant à ces volontaires bienveillants et bienvaillants des clés de lecture du présent, ainsi que des armes créatives pour participer à la construction de ce nouveau monde qui s’annonce.

Mouvement Utopia

Le Mouvement Utopia est une association d’éducation populaire à but non lucratif, qui vise notamment à élaborer un projet de société solidaire, écologiquement soutenable et convivial dont l’objectif est le  » buen vivir « 

La Fabrique Spinoza

La Fabrique Spinoza est le think-tank du bonheur citoyen. C’est un think-tank économique et politique multi-partisan dont la mission est de redonner au bonheur sa place au cœur de notre société. 

L’Accélérateur de la mobilisation

Premier incubateur de la mobilisation citoyenne en France, notre association forme la société civile luttant contre les discriminations, les exclusions et pour l’environnement pour lancer et gagner leur mobilisation digitale et leur crowdfunding.

Voxe

VOXE est une initiative civique et non partisane qui s’est donnée pour mission de réconcilier les 18-35 ans avec la Politique avec un grand P. Grâce à un chatbot disponible gratuitement sur facebook messenger, Voxe guide ses dizaines de milliers d’utilisateurs pour mieux comprendre la vie publique et avoir un impact concret dessus.

Les Beaux Yeux

Ils sont deux, comme les yeux, l’un filme, l’autre monte. Les deux fourmillent d’idées pour mettre en image et en histoire vos témoignages, vos métiers, vos services, vos études, vos concepts.

7 Milliards d’Urbanistes

La proposition de l’ONG 7 Milliards d’Urbanistes est de partager en Open Source des dispositifs d’Urbanisme Collaboratif testés et efficaces auprès des universités, des professionnels et de toute organisation publique ou privée.

Université de la Pluralité

Le Réseau Université de la Pluralité (U+) est une organisation en réseau, ouverte et internationale, dont la mission est de détecter, connecter et faire agir ensemble les personnes et les organisations qui mobilisent les ressources de l’imaginaire pour explorer d’autres futurs.

Fondation Internet Nouvelle Génération

Association pour susciter une réflexion sur les usages de l’Internet de demain.

Agence Phare

Phare est une agence d’étude et de conseil. Pensée pour les acteurs publics comme pour les entrepreneurs, elle accorde une place importante à l’analyse des réseaux qui traversent les organisations

Vraiment Vraiment

Vraiment Vraiment aide les acteurs publics à comprendre le présent
et à se projeter dans le futur pour concevoir, mettre en œuvre et évaluer des politiques publiques plus pertinentes, plus soutenables et plus efficaces

Le Centre Michel Serres

Le Centre Michel Serres, créé par HESAM Université, forme des apprenants de niveau Master et Post-Master à l’interdisciplinarité et à l’innovation globale.

GIS Démocratie et Participation

Le Groupement d’intérêt Scientifique Démocratie et Participation joue un rôle de structuration de la recherche sur ces thématiques en évolution animant une communauté de chercheurs et plus largement la société. Depuis 2018 le Gis est pilote d’un programme de recherche appelé Cit’in.

DITP

La Direction Interministérielle de la Transformation Publique coordonne le programme Action Publique 2022 en lien avec les ministères. A ce titre, elle assure le suivi de l’exécution des réformes inscrites dans les plans de transformation ministériels et veille à en garantir la mise en œuvre dans la durée.

Les Voies de la Démocratie

Les Voies de la Démocratie est un dispositif qui parcourt les routes à la rencontre des initiatives de démocratie locale européennes. À travers la diffusion d’une exposition, l’accompagnement personnalisé des organisations, la réalisation d’interviews filmées, l’écriture d’articles détaillés et la cartographie des initiatives, les Voies de la Démocratie contribuent à la diffusion des idées et des expérimentations conduites dans le champ de la démocratie.

Un Pas de Coté

Un Pas de Côté est une compagnie théâtrale qui propose des spectacles documentaires en lien avec les enjeux de société.

Saisir

Saisir est une association dont l’objectif est la lutte contre le découragement ressenti face à l’actualité en proposant des ateliers pour réfléchir sur notre rapport à l’information et se réapproprier collectivement l’actualité.

Public.io

Public.io aide les start-ups à transformer le secteur public, notamment au moyen de programme d’incubation spécialisés.

Place

Place est un projet européen qui vise à changer le récit du phénomène migratoire en Europe. Place conçoit et anime des laboratoires d’innovation sociale par et pour les migrants et réfugiés à Paris, Londres et Berlin, qui valorise les solutions innovantes pour les entreprises et pour la société.

Partie Prenante

Partie Prenante est une agence de conseil en stratégies territoriales, qui accompagne les collectivités et les opérateurs urbains dans leurs réflexions prospectives et l’élaboration de leur projet.

Oyena Consulting

Oyena Consulting accompagne les organisations et les femmes & hommes qui les composent dans leurs démarches de transformation : culture, pratiques, organisation…pour les aider à aller vers plus de simplicité, de transversalité et de responsabilité

Monono

Monono / Territoires en récits est une agence de programmation urbaine et paysagère, intégrant pleinement les sciences humaines et sociales dans sa démarche de projet.

Kawaa

Kawaa propose un accompagnement et des services numériques pour créer des évènements qui ont du sens dans les territoires.

Itinéraire Bis

Itinéraire Bis est une agence de design qui accompagne des acteurs publics et des entreprises privées dans leurs processus d’innovation et de développement. Elle utilise le potentiel du design à créer et à mettre en forme des projets pour qu’ils améliorent notre cadre de vie et répondent à une société plus durable, soutenable et en bonne santé.

ICPC

L’Institut de la Concertation et de la Participation Citoyenne est un réseau national de plus 1300 praticiens de la concertation. C’est un espace de débat et de réflexion ouvert à toutes celles et ceux qui se posent la question de l’amélioration et de la diffusion des pratiques de concertation et de participation citoyenne à la décision publique.

Agence Indivisible

L’agence Indivisible est dédiée à l’accompagnement des transformations organisationnelles, collaboratives, territoriales et numériques. L’Agence Indivisible développe une ingénierie collaborative sur-mesure pour co-concevoir la transformation, faciliter l’appropriation et dynamiser l’essaimage.

Espaces Compris

Espaces Compris intervient en accompagnement des projets d’aménagement auprès des collectivités locales, des acteurs du logement et des entreprises. Son action porte principalement sur la construction concertée de réponses spatiales et organisationnelles à des difficultés de cohabitation et/ou de gestion des espaces.

Esopa Production

Esopa Production développe des activités d’ingénierie culturelle, d’innovation publique et d’urbanisme culturel, et accompagne des collectivités territoriales dans la réflexion et l’outillage méthodologique pour porter des projets transversaux mêlant art et territoire.

Empreintes Citoyennes

Empreintes citoyennes est une association dont l’objectif est de contribuer au réenchantement de la citoyenneté, en valorisant l’engagement citoyen et en contribuant au développement des initiatives menées dans ce domaine.

Detea

Detea déploie des méthodes issues du design au service du développement local et des territoires en accompagnant des collectivités, des institutions et des structures privées.

Démocratie Ouverte

Démocratie Ouverte est un collectif associatif de plus de 600 membres qui oeuvrent à la transformation démocratique de nos institutions et de nos organisations afin de relever les défis structurants du XXIème siècle.

D21

D21 conseille et accompagne les Etats, collectivités territoriales et organisations privées dans la conduite de concertations innovantes intégrant des outils participatifs en ligne. D21 est présent à Paris, New York, Prague et New Dehli.

ADBU

L’Association des Directeurs et personnels des Bibliothèques Universitaires et de la documentation (ABDU) est un espace de dialogue, de mutualisation, de veille et d’échange sur les bonnes pratiques, les évolutions et l’organisation nationale et internationale de l’information scientifique et technique.

Cogito

Cogito est un réseau social dédié aux idées et aux opinions. Cogito veut renouveler la démocratie en facilitant le dialogue citoyen et le débat d’idée. Parce que Facebook et Twitter ne permettent pas un échange apaisé, Cogito propose une plateforme web et mobile conçue pour la politique et les visions du monde.

AgoraLab

AgoraLab accompagne les institutions publiques, les associations et les collectivités locales dans le partage des sujets d’intérêt général (stratégie, expression, médiation).

Les Beaux Jours

Les Beaux Jours accompagne les organisations dans la conception et la mise en œuvre d’innovations sociales et territoriales. Concrètement, les Beaux Jours mobilisent des méthodologies comme le design de services et des techniques d’intelligence collective pour générer des réponses innovantes aux problématiques sociales et environnementales d’un territoire.

La 27ème Région

La 27e Région est une association dont l’objectif est d’explorer de nouvelles façons de concevoir et mettre en œuvre les politiques publiques, inspirées par l’innovation sociale, le design et les cultures “hackers”.

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Six pistes prospectives pour bâtir les capacités publiques post-covid
Posté le 21/09/2020 par Louise Guillot, Cheffe de projets à la 27ème Région

Comment bâtir des capacités publiques adaptées au monde qui vient ?  Quels chantiers de travail ouvrir, collectivement, pour appuyer la résilience de nos territoires face aux futures crises ?

C’est pour répondre à ces questions que nous avons, avec les agences Vraiment Vraiment et Partie Prenante, initié en mai dernier le projet Reflexes Publics, une enquête de terrain collaborative sur les transformations publiques par temps de crise. Avec l’appui de la Délégation Interministérielle de la Transformation Publique (DITP), la fondation Bloomberg Philanthropies, et une dizaine de laboratoires d’innovation publique, nous avons réalisé plus d’une cinquantaine d’entretiens, couvrant 6 grandes controverses et documentant une dizaine de phénomènes administratifs nés dans la crise. Nous avons parlé à des CCAS, des services de collecte des déchets, des directeurs de maisons des habitants, des gestionnaires RH, des DGS, des auxiliaires de puériculture réaffectées en Ephad, des animateurs de budgets participatifs, des directrices de l’action sociale, des gestionnaires du parc bâti, … de quoi réaliser un bel instantané de cette période si particulière.

Nous en avons tiré une vingtaine de pistes prospectives concrètes pour faire advenir ce qui nous semble être des transformations souhaitables et structurantes en émergence. Cela fera l’objet d’une publication finale dans les prochaines semaines. En attendant, et pour vous mettre en appétit, voici six premières propositions en guise d’aperçu de ce travail !

La politique de micro-mobilités professionnelles 

La réaffectation d’agents a été un phénomène récurrent dans la gestion de crise, avec des formes et des modalités de mise en œuvre variées d’une collectivité à l’autre. Ici portée par la direction des ressources humaines, ailleurs par la participation citoyenne ou encore par la direction de l’innovation, elle s’appuie sur le volontariat ou la désignation, passe par une plateforme centralisée ou est gérée au sein de chaque direction.

Pour diverses qu’elles soient, ces pratiques traduisent chacune un même enjeu de réallocation des forces vives sur les services essentiels et les enjeux sanitaires immédiats. De là à amorcer le développement d’une nouvelle culture RH, fondé sur la valorisation de la polyvalence, la capacité d’adaptation des agents à des contextes mouvants, et le sens de l’engagement ?

illustrations : Vraiment Vraiment

Alors que la réallocation de ressources humaines a toujours représenté un enjeu important de la gestion publique, ces expériences pourraient bien nous inspirer pour repenser les stratégies RH en la matière. Répondant à des enjeux de redéploiement d’urgence des agents, ces dispositifs de réaffectations font aussi office d’ « exercices quotidiens » de la mobilité professionnelle de plus long terme. De quoi ouvrir un chantier de « systématisation et pérennisation de ces dispositifs » comme levier d’entrainement des capacités d’adaptation et d’évolution professionnelle des agents.

Pensée comme un nouveau champs d’action de la gestion des ressources humaines, la politique de micro-mobilité professionnelle aurait pour objectif de 1) anticiper l’évolution des besoins et organiser la réaffectation temporaire des agents lors de périodes tendues et  2) détecter, valoriser et développer les compétences « secondaires » en élaborant avec les agents des « plans personnels de réaffectation ». Pour cela, elle pourrait avoir pour mission d’aider les agents à identifier leurs champs d’intérêt et de compétences (valorisation des savoirs non requis, expression des envies) et de renforcer les managers dans une posture de détection des potentiels. La collectivité pourrait mettre en place un système de “jours de volontariat”, valorisés et pris sur le temps de travail habituel, de manière à constituer un “pool d’agents volontaires” ouvert au plus grand nombre.

Les indicateurs de l’épargne médico-sociale

En imposant la relation à distance, le confinement a profondément transformé le rapport entre l’administration et l’usager. Il a obligé les collectivités à ajuster les démarches administratives pour s’adapter à ce contexte inédit et éviter de fragiliser la situation de citoyens déjà mise à mal par la crise. Nous avons plus particulièrement exploré deux pratiques : la mise en place de plateformes d’appel aux usagers fragiles par des départements et CCAS et le déploiement d’unités d’appui aux établissements accueillant des publics fragiles. Dans les deux cas il s’agit de dispositifs de très grande échelle : plus de 50 000 appels pour une plateforme départementale, près de 300 établissements accompagnés pour une direction communale de l’action sociale. Chacune à leur manière, ils opèrent un changement de paradigme dans la manière de prodiguer le service social, en passant d’une approche de « guichet » à une approche de l’aller-vers : aller-vers les usagers, aller au devant des besoins.

Mais tout ça, « combien ça coûte ? ». En période de crise, les collectivités n’ont « pas compté », et les bilans financiers sont difficiles. Si la période post-crise risque d’être tout aussi exigeante pour les services sociaux, les ressources seront, elles, plus mesurées. Pour asseoir des pratiques d’aller-vers, il nous faut évaluer la valeur des investissements réalisés et les coûts évités. Comment construire des indicateurs de l’épargne médico-sociale ? Des comptabilités alternatives comme la compta CARE pourrait nous aider à y parvenir. Et pourquoi ne pas commencer par appliquer ce modèle nouveau à l’analyse des coûts évités par les plateformes d’appel aux usagers fragiles ?

Le portage d’initiatives frugales sans permission

La crise a été propice à un phénomène « d’agents héros solitaires », agissant sans aval hiérarchique, en dehors des procédures internes, et légitimant leur action par une autorité de devoir . Malgré un consensus sur la nécessité d’agir et, a posteriori, sur l’impact positif du dispositif, l’incompréhension peut être forte entre l’agent et sa hiérarchie et la reconnaissance attendue n’est pas là. Ce phénomène est symptomatique de la tension qui s’exerce dans la collectivité en période de crise, entre impératif d’agir en urgence, et besoin de coordination. Faut-il que l’administration prévoie des protocoles d’action plus complets pour prévenir ces échappées en solitaire ? Ou bien qu’elle développe un mode d’organisation permettant de « raccrocher » les initiatives, souvent prises de bonne foi par des personnes bien placées pour agir ? 

Ce phénomène observé à tous les niveaux hiérarchiques challenge la capacité de l’administration à accueillir et intégrer des initiatives venant de ses agents.

Des agents sont guidés par un sens de l’intérêt général qui parfois leur font dépasser le strict cadre de leur travail ? Certains ont une double casquette associative et service public ? Reconnaissons la valeur de ces profils atypiques qui, en période de crise, sont capables de tisser des liens entre des mondes qui ne se parlent pas toujours et développent des projets nécessaires mais hors des cadres. Il nous faut penser des espaces pour le laisser-faire et l’initiative, des versions “engagées” de l’intraprenariat, des droits d’initiative et des processus pour réintégrer ces projets émergents dans le collectif et les parcours de décision. 

Les “data lab”, pour opérationnaliser les données disponibles

Informations chiffrées sur les stocks, évolution des hospitalisations… avant et pendant la crise, l’accès à des indicateurs chiffrés a constitué un avantage certain pour anticiper et mieux s’adapter à la crise. Signe de l’avènement d’une tant attendue gouvernance des villes fondée sur la donnée ? Crash test à échelle réelle de ce nouvel « or noir », la crise a plutôt révélé des pratiques relevant de l’artisanat de l’information stratégique : recueil de données des cas covid « fait maison », cellule d’informateurs de terrain, rapport powerpoint sur le bureau du directeur.

Elle souligne en particulier les limites d’une culture de la donnée fondée sur la ressource (captation, stockage et partage de la donnée), plutôt que sur l’usage (dans la décision et dans la production de services). Malgré des directions de la donnée structurées et une capacité d’accès importante, beaucoup de décideurs n’ont tout simplement pas « passé commande », donnant lieux à des cas de sous-usages qui interpellent.

Nous y voyons les signes d’un chantier à mener « d’opérationnalisation de la donnée », dans la gestion de crise, et à fortiori la gouvernance de la ville. Avec en figure de proue, des directions de la donnée centrées-usages. Inspirés des laboratoires d’innovation publique, ces « data labs » pourraient expérimenter une offre d’accompagnement à l’amorce de nouvelles politiques publiques ou projets, en partant des questionnements des porteurs de projet et en traduisant leurs problématiques en indicateurs et en données. Pour amorcer dès maintenant ce changement, pourquoi ne pas embarquer des “data scientists” dans les plans de relance post crise.

Les dispositifs de réactivité citoyenne, nouvel outil dans l’arsenal participatif 

Prises de cours par le confinement, les collectivités ont rencontré la nécessité de transformer l’espace public pour s’adapter aux nouvelles contraintes de distanciation sociale liées au Covid : déploiement de pistes cyclables, piétonisation de certaines rues, extension des trottoirs et des terrasses. L’enjeu était donc d’accompagner une recomposition immédiate des usages tout en garantissant un espace public fonctionnel. Mais l’impératif de réactivité de ces aménagements d’un nouveau type n’a pas pour autant fait disparaître celui de l’implication des usagers, dont l’expérience montre qu’il en va de la réussite de cet urbanisme tactique.

Cela nous amène à élargir l’emprise de la participation des usagers sur ces projet à la fois en amont pour initier le dialogue avant la crise, notamment en les mobilisant sur l’élaboration de plans, mais aussi en aval des aménagements. Une participation a posteriori permettrait de travailler non pas le cahier des charges d’un aménagement de ce type, mais ses multiples évolutions et sa capacité à muter dans le temps pour être au plus proche des usages. En somme, il s’agit d’intégrer les usagers dans les adaptations continues, propres aux logiques d’expérimentation.

La question du devenir des aménagements temporaires, notamment des « corona-pistes » cyclables, pourrait être une belle opportunité d’expérimenter une démarche d’évaluation participative a posteriori. Les usagers pourraient être mobilisés sur la définition d’indicateurs (intensité d’usages, ressentis), la conception d’un dispositif de suivi et la manière d’ajuster les aménagements.

Les DLR : des dispositifs locaux de résilience 

Fermeture des locaux de distribution, baisse brutale de bénévoles, risques sanitaires pesant sur les équipes et les bénéficiaires : alors que la crise fragilise les associations d’aide d’urgence, les collectivités ont cherché à garantir la continuité des actions de solidarité complémentaires à l’intervention publique. Dans nos entretiens, nous avons étudié la manière dont l’aide alimentaire et l’aide aux personnes âgées isolées ont pu être maintenues dans ce contexte.  Entre prise en charge de l’action, mobilisation de bénévoles remplaçants, mise à disposition de ressources, positionnement en responsable… les mutations successives et l’intensité des interactions entre associations et puissance publique ont renouvelé les rapports entre ces acteurs.

Plus particulièrement, elles ont souligné leurs interdépendances : à l’acteur public le rôle de filet de secours et soutien pour la « remise sur pied » de ses partenaires associatifs, aux associations celui de prendre le relai dès qu’elles sont redevenues opérationnelles et de tirer le meilleur des ressources mises à disposition par l’acteur public.

La politique d’accompagnement des associations pourrait mieux intégrer cet enjeu et tendre vers une mission de soutenabilité du tissu associatif. En développant le pendant « résilient » des dispositifs à succès DLA (dispositif local d’accompagnement), elle donnerait un cadre aux associations et aux acteurs publics pour travailler des mécanismes publics de soutien logistique (“le CCAS a été un acteur très présent sur le plan logistique : benne pour déchets, manque d’emballage, chauffeur, livraison de nourriture quand surplus »), de coordination générale (“Belle coordination menée par la DDCS entre les associations distantes, entre les associations fermées et celles ouvertes.”), voire la constitution de réserves bénévoles d’agents ou de citoyens.